trash610On refait un plongeon du côté de Trash éditions aujourd'hui. Après le super Garbage Rampage, place maintenant au grand Night Stalker !


   Résumé rapide : Dans la Californie de 1984, un shérif et son adjoint sont sur les traces d’un tueur en série qui semble choisir ses victimes au gré du hasard le plus total. Des enfants aux paraplégiques, personne n’est épargné par celui que la presse a baptisé le Night Stalker…

   Alors ? Basé sur les faits d’un tueur réel – Richard Ramirez – ce livre aussi court qu’immersif nous plonge dans un univers totalement sombre, désœuvré et dérangeant. Le gore pur et visuel est finalement un simple détail tant l’ambiance prend aux tripes ; le tueur n’épargne personne, l’auteur n’hésite pas à s’en prendre à des nouveau-nés et mêmes les enquêteurs dévoilent certaines pratiques douteuses. Au final, c’est toute la société qui est décrite comme crade, crue, désenchantée et brutale. En bref, on se demande à chaque chapitre comment la prochaine scène pourra être plus choquante que la précédente, et on n’est jamais déçu. Aucun doute que ces meurtres deviendraient vite cultes si on les incluait dans un film. 

   Les personnages sont plus vrais que nature ; en quelques lignes, on a déjà l’impression de bien les connaitre. Le meilleur exemple est à mes yeux la dernière victime du tueur. La courte scène qui brosse sa mentalité, mêlant son goût pour l’horreur à ses souvenirs d’enfance, est une perle littéraire. De plus, elle permet de renouveler le thème de la confrontation entre un tueur et sa victime d’une façon assez originale. C’est d’ailleurs dommage que ce face à face ne dure pas plus longtemps. Dans la même idée, le final change des conclusions habituelles et typiques des thrillers, permettant un bain de sang jouissif au passage.

   On pourrait reprocher, surtout le début, que le sexe prenne une grande place dans l'histoire (en dehors des scènes de meurtres, je veux dire) d'une façon qui peut parraître gratuite au premier abord. Mais c’est finalement inhérent à l’identité de l’histoire et va sans mal avec l’idée d’un slasher digne des années 80. Trash éditions fait la part belle à ce genre d’ambiance et d’époque, et on ne peut pas leur reprocher de raviver ces courants malheureusement éteints de nos jours.

   En bonus, on peut noter des références assez sympathiques, brefs passages qui détendent l’atmosphère, comme une certaine Clarice Starling qui gère les opérations de loin ou un Nécrorian qui connait une petite altercation avec les forces de l’ordre.

   En bref, Night Stalker prend tous les bons aspects du thriller/slasher sans piéger son intrigue dans les revirements habituels de ces genres. Un tueur impitoyable, des meurtres qui vont au bout des choses, et des personnages déchainés donnent toute sa force à l’ambiance poisseuse mais fascinante de ce roman. La qualité des éditions Trash se confirme pour moi avec ce deuxième tome tout aussi bonnement horrible que le premier que j’avais déjà commenté en cours d’année.

Sentence : 17/20